L’analyse d’erreur

Cette première partie d’article se base sur le livre de Jean-Pierre ASTOLFI, « L’erreur un outil pour enseigner »

L’ambivalence de l’enseignant-évaluateur me questionne. Le poids des évaluations sur les élèves est importants et nécessite que l’enseignant se pose la question du sens qu’il donne à ses évaluations. Comment utiliser les évaluations autrement, celle-ci étant souvent perçue comme une sanction. Astolfi souligne que face à cet inconfort les enseignants évitent au maximum de croiser l’erreur sur leur chemin. Si toutefois une erreur se matérialise alors l’enseignant peut réagir de deux façons :

_ Sanction: l’erreur est considérée comme une faute, avec toutes les connotations qui lui sont liées. L’erreur est à la charge de l’élève et de ses efforts d’adaptation à la situation didactique.

_ Réécriture: l’erreur est considérée comme un bug. L’erreur est à la charge du concepteur de programme et il est de son ressort de s’adapter au niveau des élèves.

Les modèles constructivistes, s’efforcent de ne pas évacuer l’erreur et de lui conférer  un statut plus positif. Le but visé restant tout de même d’éradiquer les erreurs. Mais en les provoquant parfois afin d’amener un nouveau savoir. En quelques mots, il s’agit de penser : « Vos erreurs m’intéressent ». Il s’agit de les mettre au cœur du processus d’apprentissage.

La faute Le bug L’obstacle
Statut de l’erreur L’erreur déniée L’erreur déniée L’erreur positivée
Origine de l’erreur Responsabilité de l’élève qui aurait dû la parer Difficulté objective pour s’approprier le contenu enseigné
Mode de traitement Évaluation a posteriori pour la sanctionner Travail in situ par la traiter
Modèle pédagogique de référence Modèle transmisif Modèle béhavioriste Modèle constructiviste

Cette suite se base sur les travaux de Roland CHARNAY et Michel MANTE (1992)

Dans ma pratique professionnelle, l’analyse d’erreur est utilisée comme un outil de remédiation, c’est à dire que c’est une manière d’aider mes élèves à corriger leurs conceptions erronées. Toutes les erreurs ne doivent pas être analysées, en effet celles qui nous intéressent sont celles qui paraissent significatives, c’est à dire celles qui sont reproductibles chez l’élèves et qui peuvent être mises en relation avec d’autres erreurs. Concrètement, il n’est pas nécessaire d’appliquer un tel dispositif aux fautes d’inattention ou d’étourderie ce type d’erreur pouvant être  contrôler à l’aide d’exercices de drill.

Une erreur est susceptible de plusieurs analyses et hypothèses d’interprétation c’est pourquoi si vous pensez à une analyse différente de celle proposée sur cette page n’hésitez pas à m’en faire part.

Article en cours de rédaction

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