Anxiété mathématique. Devoirs impliquant les parents

Cet article décrit quelques dispositifs qui peuvent aider les élèves sujets à l’anxiété mathématique.

Apprendre à se relaxer

Des études montrent que les élèves souffrant d’une anxiété mathématique sévère obtiennent des résultats en dessous de ce que l’on peut attendre d’eux. (Ashcraft, 2002; Beilock & Carr, 2005). Deux autres études donnent quelques pistes de compréhension en mettant en évidence une baisse des résultats dans les deux situations suivantes :

  • L’évaluation est donnée avec une limite de temps pour la réaliser (Faust, Ashcraft, & Fleck, 1996)
  • Les problèmes deviennent de plus en plus complexes, demandant beaucoup de mémoire de travail

Il s’agit donc de trouver une intervention qui soit facile à mettre en place et qui donne des résultats rapidement. De récents travaux ont montré que le simple fait de demander aux élèves de noter sur une feuille leur ressenti et leurs peurs en lien avec l’évaluation permettait d’augmenter les résultats de 5 à 10%. Ce moment de rédaction doit être fait directement avant l’évaluation. C’est dans cette optique que Brunyé, T. & al. (Learning  to relax: Evaluating four brief interventions for overcoming the negative emotions accompanying math anxiety, 2012) ont mené une recherche afin de construire des outils d’intervention rapides et simples à utiliser en classe. Ils ont focalisé leurs recherches sur une approche de pleine conscience et sur un aspect nutritionnel afin de diminuer l’anxiété mathématique et ainsi libérer des ressources mentales. Trois exercices de respiration ont été testés en se basant sur le modèle de Arch et Craske (2006). Chaque exercice dure environ 15 minutes. Dans les trois cas, les élèves écoutent un enregistrement d’une personne  leur demandant de prendre une position assise en maintenant le dos droit. Les mains sont posées sur les cuisses, les épaules sont relâchées, le visage regarde bien en avant et les pieds sont posés au sol. S’ils se sentent à l’aise, les élèves ferment les yeux, s’ils ne désirent pas fermer les yeux, ils penchent la tête en avant et regardent vers l’avant sans se focaliser sur quelque chose.

Respiration en pleine conscience:
Cet exercice est extrait du CD 3, Mindefulness Meditation practice, Sitting Meditation de Kabat-Zinn’s (2005). Dans cet exercice, les participants sont  guidés au travers d’instructions à centrer leur attention sur leur respiration. Une traduction par Bernard Giraudeau est disponible ci-dessous.

Pensée vagabonde:
Dans ce second exercice, l’enseignant demande à ses élèves: “Pensez simplement à ce qui arrive spontanément dans votre tête. Laissez votre esprit vagabonder librement sans essayer de focaliser sur quelque chose de particulier. En pratiquant cet exercice, les chercheurs espèrent que cela donnera un espace aux élèves pour ruminer leur anxiété face au test à venir.

Exercice d’angoisse
Cet exercice consiste à poser une série de 15 questions qui induisent de l’anxiété. Par exemple: Qu’est-ce qui te fait peur à propos du cancer ? Les élèves répondent ensuite de façon silencieuse en pensant à eux-même et à leur famille. Les sujets sont variés et comprennent des sujets tels que : la santé, les discriminations, les crises internationales.

L’étude montre que pour les élèves avec une forte anxiété mathématique, la respiration en pleine conscience peut avoir des effets non négligeables sur leurs résultats. Leur score s’approche de celui des élèves ayant une faible anxiété mathématique, bien qu’ils continuent à obtenir des résultats inférieurs. Peut-être que la répétition de ce genre d’exercices permettrait aux élèves avec une forte anxiété d’encore s’améliorer.

Diminuer l’anxiété mathématique grâce à l’expression écrite

Ce paragraphe se base sur la publication de la professeur Daeun Park & al. intitulée :The Role of Expressive Writing in Math Anxiety, 2014, University of Chicago.
D’un point de vue clinique, l’expression écrite est une technique simple à mettre en place, qui encourage les individus à écrire librement leurs pensées et leurs sentiments au sujet d’une situation stressante à laquelle ils vont faire face. Plusieurs études indiquent qu’écrire pendant 15 minutes au sujet d’un événement stressant ou émotionnel permet de tirer un bénéfice positif tant sur le plan physique que psychologique (pour autant que l’exercice soit répété dans le temps).

En 2011 Ramirez et Beilock, ont montré qu’écrire pendant 10 minutes autour des sentiments et des pensées en lien avec une évaluation immédiatement avant celle-ci permettrait d’améliorer significativement les résultats des élèves en comparaison avec ceux qui n’auraient rien écrit. D’autres études ont montré que ce n’est pas le fait d’écrire au sujet d’un thème quelconque qui a de l’effet, mais bien la réflexion autour du stress et de l’angoisse de l’évaluation qui est bénéfique.

Dans leur étude, Park & al. ont mis en place un exercice  d’expression écrite d’une durée de 7 min juste avant une évaluation de mathématiques. Puis ils ont observé les effets de ce dispositif sur les résultats des élèves. Ils ont demandé aux élèves d’écrire au sujet de leurs pensées les plus profondes et de leurs sentiments liés à l’évaluation de mathématiques qui allait suivre. La consigne était comparable à :
Prenez s’il vous plait 7 minutes pour écrire le plus librement possible au sujet de vos pensées et de vos émotions en lien avec le travail écrit de maths que vous allez passer. Dans votre rédaction, je veux que vous ne vous mettiez pas de limites et que vous exploriez vos émotions et vos pensées. Vous pouvez penser à vos évaluations de maths précédentes, à ce que vous ressentiez à ce moment-là ou dans des situations similaires à l’école ou en dehors de l’école. Essayez d’être  le plus ouvert possible. Rappelez-vous que ces textes ne seront lus par personne.

La conclusion de leur étude montre une amélioration des résultats chez les élèves ayant une forte anxiété mathématique.

Impliquer les parents dans les devoirs.

Les éléments suivants sont le fruit d’une recherche menée à la HEP-BEJUNE sous la direction de P. Carron. Il s’agit de mettre en place un dispositif de devoirs impliquant les parents. Ceci afin de favoriser les discussions autour des maths entre les parents et leur enfant et ainsi renforcer la confiance en soi des enfants afin de diminuer leur anxiété.

Références

  • Brunyé, T. & al., 2013, Learning to relax: Evaluating four brief intervention for overcoming the negative emotions accompanying math anxiety, Learning and Individual Difference, n° 27.
  • Park D. & all., 2014, The Role of Expressive Writing in Math Anxiety, Journal of Experimental Psychology, Vol 20, n° 2, 103-111.
  • Sokolowski H. & al., 2017, Who is afraid of math ? What is math anxiety ? And what can you do about it ?, Neuroscience, Vol 5, n° 57.

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